Les œufs et le cholestérol

oeufs au plat
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Cholestérol : arrêter de diaboliser un allié indispensable

Vous avez probablement déjà entendu dire qu’il ne faudrait pas consommer des œufs tous les jours parce qu’ils contiennent du cholestérol.

Une seule partie de cette affirmation est correcte : les œufs contiennent effectivement du cholestérol. Pour le reste, cette idée repose sur plusieurs confusions.

Trois idées reçues à déconstruire

Premièrement, chez la grande majorité des personnes, le cholestérol alimentaire influence peu le cholestérol sanguin. L’essentiel du cholestérol circulant est fabriqué par l’organisme lui-même.

Deuxièmement, le cholestérol n’est pas mauvais en soi. Ce qui peut poser problème, c’est son oxydation.

Troisièmement, le cholestérol est indispensable à la vie.

À quoi sert le cholestérol ?

L’organisme synthétise du cholestérol pour assurer de nombreuses fonctions vitales.

Il est notamment nécessaire à la fabrication :

  • des hormones stéroïdiennes, dont les hormones sexuelles ;

  • des membranes cellulaires ;

  • des sels biliaires impliqués dans la digestion des graisses ;

  • de la vitamine D endogène ;

  • de la coenzyme Q10 endogène.

Un déficit en cholestérol peut perturber la production hormonale. Par exemple, une jeune fille très maigre peut voir l’apparition de ses premières règles retardée par manque d’hormones permettant l’ovulation. Chez certaines jeunes femmes souffrant d’anorexie, on observe une aménorrhée pour la même raison.

Des travaux récents suggèrent également un rôle du cholestérol dans :

  • le fonctionnement du système immunitaire,

  • la constitution des gaines de myéline entourant les neurones,

  • le fonctionnement des récepteurs à la sérotonine.

Il a d’ailleurs été observé qu’un faible taux de cholestérol est associé à une incidence plus élevée de dépression.

Pourquoi retrouve-t-on du cholestérol dans les artères ?

Lorsque l’on retrouve du cholestérol dans les parois artérielles, ce n’est pas parce qu’il serait l’ennemi à éliminer, mais parce qu’il participe à la réparation des micro-lésions de la paroi vasculaire.

Le problème apparaît lorsque le cholestérol est oxydé. Le cholestérol oxydé favorise l’inflammation, attire des macrophages du système immunitaire et conduit à la formation d’une plaque fibreuse, appelée plaque d’athérome. Celle-ci peut évoluer vers une athérosclérose, c’est-à-dire un rétrécissement progressif du calibre des vaisseaux.

Lorsque l’obstruction devient importante, elle peut provoquer un accident vasculaire cérébral ischémique, par diminution de l’apport d’oxygène au cerveau.

Ce qu’il faut réellement éviter

L’objectif n’est pas de supprimer le cholestérol, mais de :

  • limiter les agressions des parois artérielles (alimentation pro-inflammatoire, tabac, pollution, stress oxydant) ;

  • réduire l’oxydation ;

  • éviter une production excessive de cholestérol endogène, notamment favorisée par une consommation trop fréquente de sucres rapides. En effet, l’insuline produite en réponse au sucre stimule l’augmentation du LDL afin de faciliter la transformation des sucres excédentaires en graisses.

Une bonne alimentation et une hygiène de vie cohérente sont donc les véritables leviers de prévention cardiovasculaire.

L’évaluation du risque cardiovasculaire

Pour apprécier le risque réel d’une personne, il ne suffit pas de regarder le cholestérol total ou le LDL. Il faut considérer un ensemble de paramètres, parmi lesquels les triglycérides, le HDL, et la lipoprotéine(a).

Et les œufs dans tout ça ?

Les œufs sont un excellent aliment sur le plan nutritionnel. Ils contiennent huit des neuf acides aminés essentiels, sont riches en vitamines, en minéraux et apportent des oméga-3, en particulier lorsque les poules sont nourries avec des graines de lin.

Il est donc préférable de choisir des œufs bio ou des œufs issus de poules nourries aux graines de lin, et il n’y a, chez la majorité des personnes, aucune raison d’éviter une consommation quotidienne.

En résumé

Le cholestérol n’est pas un ennemi. Il est un constituant essentiel de notre physiologie. Ce n’est pas sa présence qui pose problème, mais son oxydation et le terrain inflammatoire dans lequel il évolue. Plutôt que de diaboliser un nutriment, il est plus pertinent de s’intéresser à l’ensemble du mode de vie.

Photo oeufs au plat de Coffeefy Workafe