Quelle alimentation quand on est enceinte ?

femme enceinte
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appelle un phénotype économe. Cette adaptation, bénéfique à court terme pour la survie, se traduit plus tard par une tendance accrue au stockage des graisses et un risque augmenté de diabète de type 2, d’obésité et d’hypertension artérielle. D’autres pathologies semblent également associées à cette programmation, notamment certaines atteintes rénales et des troubles du comportement.

Pour cette raison, les régimes restrictifs sont à proscrire pendant la grossesse, même lorsqu’ils sont motivés par la peur de prendre trop de poids.

Les excès ne sont pas non plus sans conséquence

À l’inverse, les excès alimentaires doivent également être évités. Une suralimentation importante peut conduire à une macrosomie, définie par un poids de naissance supérieur à quatre kilogrammes. Cette situation complique l’accouchement et augmente, elle aussi, le risque futur de diabète, d’obésité et d’hypertension artérielle chez l’enfant.

La grossesse impose donc un équilibre fin, où ni la restriction ni l’excès ne sont souhaitables.

Choix alimentaires et précautions spécifiques

L’alimentation de la femme enceinte doit être aussi naturelle et diversifiée que possible, afin de couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels sans exposer inutilement le fœtus à des substances indésirables.

La consommation de café est généralement déconseillée ou à limiter fortement, car une consommation élevée de caféine est associée à un risque accru de fausse couche. De même, le végétalisme strict expose à des carences importantes – notamment en vitamine B12, fer, zinc, iode et oméga 3 – et nécessite, s’il est maintenu, un suivi nutritionnel très rigoureux.

Concernant les produits de la mer, la vigilance est de mise en raison du risque de contamination par les métaux lourds. Certains poissons prédateurs sont à éviter, tandis que d’autres peuvent être consommés avec modération selon les recommandations officielles.

Les apports en micronutriments clés, en particulier les vitamines du groupe B, le magnésium, le zinc, l’iode et le fer, doivent être suffisants tout au long de la grossesse.

Complémentation : des outils utiles, mais à manier avec discernement

En pratique, une complémentation est souvent indiquée pendant la grossesse, mais elle doit rester individualisée et, idéalement, encadrée par un professionnel de santé.

La vitamine B9 (folates) est essentielle. Elle est recommandée sous forme de 5-méthyltétrahydrofolate, la forme biologiquement active, à commencer idéalement au moins trois mois avant la conception. Elle réduit le risque de malformations du tube neural et semble également jouer un rôle protecteur vis-à-vis de certains troubles neuropsychiatriques ultérieurs.

Les probiotiques peuvent être bénéfiques pour soutenir le microbiote intestinal de la mère, dont bénéficie indirectement le fœtus. À l’inverse, les antibiotiques doivent être évités autant que possible pendant la grossesse, sauf nécessité médicale avérée, car ils perturbent profondément le microbiote maternel.

Le magnésium est souvent utile chez la femme enceinte. Il contribue à la régulation de la tension artérielle, à la prévention du diabète gestationnel et pourrait réduire le risque de pré-éclampsie. Les doses doivent cependant être adaptées individuellement.

Les oméga 3, en particulier le DHA et l’EPA, sont importants pour le développement neurologique du fœtus et pourraient également réduire le risque de complications hypertensives. Leur utilisation doit toutefois être discutée en fin de grossesse, car ils ont un effet fluidifiant sur le sang.

Grossesse et humeur : un point souvent négligé

Une déprime survenant pendant la grossesse n’est pas rare. Elle peut parfois être liée à des mécanismes nutritionnels. Le foie consomme notamment de la vitamine B3 pour métaboliser les œstrogènes, ce qui peut entraîner une diminution de la disponibilité du tryptophane pour la synthèse de la sérotonine. Dans certains cas, une complémentation ciblée en vitamine B3 ou en tryptophane peut être envisagée, toujours dans un cadre médical, afin de soutenir l’équilibre émotionnel de la future maman.

En résumé

La grossesse est une période de programmation biologique majeure, tant pour la mère que pour l’enfant à naître. La dénutrition comme les excès alimentaires exposent à des conséquences à long terme. L’objectif n’est ni la restriction, ni la suralimentation, mais une alimentation de qualité, équilibrée et suffisamment riche en micronutriments.

La complémentation peut être un soutien précieux, à condition d’être raisonnée, personnalisée et encadrée. C’est cette approche globale, nuancée et individualisée qui permet de protéger à la fois la santé de la mère et celle de l’enfant.

Photo femme enceinte de freestocks

La grossesse est une période pendant laquelle une adaptation de l'alimentation est nécessaire

Dénutrition, excès et programmation métabolique du fœtus

La dénutrition de la future maman pendant la grossesse est à éviter absolument. Elle peut conduire à un faible poids de naissance, mais surtout à un phénomène aujourd’hui bien documenté de programmation métabolique.

Lorsque l’apport nutritionnel est insuffisant, le fœtus s’adapte en développant ce que l’on