Laits infantiles : une bonne idée ?


Laits infantiles : une solution nécessaire, mais imparfaite
Le lait maternel reste l’aliment de référence du nourrisson. Cela étant dit, il est important de le rappeler d’emblée : toutes les femmes ne peuvent pas allaiter, et certaines choisissent de ne pas le faire. Ces situations sont légitimes. Ne pas allaiter n’est pas une catastrophe.
Lorsqu’un nourrisson n’est pas allaité, l’enjeu n’est donc pas de chercher une solution parfaite – elle n’existe pas – mais de choisir le lait infantile le plus adapté possible.
Pourquoi ni lait animal, ni lait végétal
Il est important d’exclure le lait de vache et les laits d’autres animaux pour nourrir un bébé, tout comme les laits végétaux (soja, riz, amande, etc.). Leur composition est très éloignée des besoins du nourrisson :
Les laits animaux présentent un rapport inadapté entre caséine et protéines de lactosérum, ce qui augmente le risque d’allergies. Leur teneur élevée en calcium et en potassium peut surcharger les reins immatures du nourrisson. Ils sont également trop riches en protéines et en minéraux, pas assez riches en glucides, et leur profil en acides gras ne correspond pas aux besoins du bébé.
Les laits végétaux, quant à eux, sont généralement pauvres en lipides et en glucides, ne contiennent ni lactose ni caséine, et ne peuvent en aucun cas couvrir les besoins nutritionnels d’un nourrisson.
Tous les laits infantiles se valent-ils ?
Les laits infantiles doivent respecter une réglementation stricte définissant des teneurs minimales et maximales en protéines, lipides, glucides, vitamines et minéraux, ainsi que l’exclusion de certains composés contre-indiqués. Cela garantit un niveau de sécurité de base.
Cependant, au sein des produits conformes à la réglementation, il existe de réelles différences de qualité.
Critères de choix d’un lait infantile
Voici quelques critères utiles pour faire un choix éclairé :
Le rapport entre caséine et protéines de lactosérum devrait se rapprocher de 30/70, comme dans le lait maternel. Les protéines de lactosérum comprennent notamment la lactoferrine, importante pour l’immunité grâce à ses propriétés bactériostatiques et bactéricides.
La teneur en protéines devrait rester modérée (idéalement autour de 1,5 g/100 ml).
Le seul glucide devrait être le lactose. La réglementation autorise d’autres sucres, mais leur présence n’est pas souhaitable.
Les lipides devraient représenter environ 45 à 50 % de l’apport énergétique.
Un enrichissement en prébiotiques et probiotiques est un plus.
Un enrichissement en HMO (oligosaccharides du lait maternel), comme le 2’-fucosyllactose, est également intéressant.
Laits de suite et laits de croissance
Après six mois, il existe des laits de suite, puis des laits de croissance à partir de 12 mois (ou 18 mois pour certains laits spécifiques), jusqu’à trois ans.
Les laits de croissance se rapprochent davantage du lait de vache, mais avec moins de protéines et davantage de vitamines et de fer. Il est préférable d’éviter ceux contenant des arômes ou additifs.
Laits à indication spécifique : prudence
Il existe des laits anti-reflux, anti-coliques, anti-constipation ou hypoallergéniques.
Avant d’y recourir, il est utile d’évaluer des causes simples : prise trop rapide, quantités excessives, position du bébé comprimant l’estomac.
Les laits anti-coliques contiennent des protéines partiellement hydrolysées (fractionnées), des pré- et probiotiques et parfois des enzymes lactiques. Cela facilite la digestion, mais éloigne leur composition de celle du lait « idéal ».
Les laits anti-reflux sont soit épaissis (par exemple avec de la farine de caroube), soit contiennent des agents épaississants réagissant à l’acidité gastrique. Ils ne devraient être utilisés que si nécessaire.
Les laits hypoallergéniques sont de moins en moins utilisés, car leur bénéfice réel est limité.
Bonnes pratiques pour la préparation
Il est préférable d’utiliser des biberons en verre. Les biberons en plastique ne devraient pas être chauffés ni contenir de liquide chaud, en raison du risque de relargage de substances indésirables.
Le lait peut être chauffé à environ 37 °C. Il ne faut pas le surchauffer puis le laisser refroidir, car des températures supérieures à 50 °C favorisent la formation de produits de glycation avancée, dont la carboxyméthyllysine.
L’eau utilisée doit être faiblement minéralisée et porter la mention « convient pour la préparation des aliments des nourrissons ».
En résumé
Lorsqu’un nourrisson n’est pas allaité, les laits infantiles constituent une solution nécessaire, mais imparfaite. Tous ne se valent pas. Un choix éclairé, basé sur la composition et non sur le marketing, permet de se rapprocher au mieux de ce que la physiologie du bébé attend.
Photo bébé de Kelly Sikkema


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