La maladie coeliaque, qu'en est-il ?


La maladie cœliaque correspond à une intolérance permanente au gluten.
Elle s’apparente à une maladie auto-immune, dans la mesure où elle met en jeu le système immunitaire et provoque une inflammation chronique de l’intestin grêle.
Elle touche aujourd’hui environ 1 à 2 % de la population, avec une nette prédisposition génétique. Toutefois, si la génétique rend la maladie possible, l’environnement semble en conditionner l’expression.
Origines possibles
La responsabilité de cette pathologie ne peut être attribuée à un seul facteur, mais plusieurs éléments sont régulièrement évoqués :
la sélection et l’hybridation des céréales modernes, visant à augmenter les rendements et la teneur en gluten, notamment dans le blé ;
des modifications plus récentes du génome de certaines céréales, en particulier le blé et le maïs ;
l’utilisation massive du glyphosate, dont on retrouve des résidus dans de nombreux produits céréaliers et qui pourrait perturber la barrière intestinale et le microbiote.
Ces hypothèses font encore l’objet de recherches, mais elles soulignent le rôle probable de l’industrialisation de l’alimentation dans l’augmentation de la prévalence de la maladie.
Qu’est-ce que le gluten ?
Le gluten est une structure protéique qui se forme lors de la panification, en présence d’eau, à partir de deux protéines naturellement présentes dans certaines céréales : la gluténine et la gliadine.
Chez les personnes atteintes de la maladie cœliaque, l’ingestion de gluten déclenche une cascade de réactions biologiques. Elle entraîne notamment la production de zonuline, une protéine qui augmente la perméabilité de la paroi intestinale. Cette hyperperméabilité permet le passage de fragments bactériens et de molécules indésirables dans la circulation sanguine, ce qui active le système immunitaire.
L’inflammation chronique qui s’ensuit conduit à la destruction progressive des villosités intestinales, réduisant considérablement la surface d’absorption des nutriments.
Conséquences cliniques
Les conséquences de la maladie cœliaque peuvent être sévères. Outre les troubles digestifs (diarrhées, ballonnements, douleurs abdominales), la malabsorption chronique entraîne fréquemment des carences nutritionnelles importantes ; une anémie ; une ostéoporose ; des troubles neurologiques ; des atteintes des muqueuses (saignements, aphtes) ; plus rarement, des atteintes hépatiques.
Chez l’enfant, une cassure de la courbe de croissance doit systématiquement faire évoquer une maladie cœliaque.
Diagnostic
Le diagnostic repose d’abord sur un dosage sanguin des anticorps IgA anti-transglutaminase. Si ce test est positif, il est généralement confirmé par une biopsie de la muqueuse du duodénum, permettant d’observer l’atrophie des villosités intestinales :
Où trouve-t-on le gluten ?
Le gluten se forme lors de la panification de nombreuses céréales. On le retrouve donc, à des degrés variables, dans les produits à base de farine de blé, froment, épeautre, petit épeautre, kamut, khorasan ; orge ; seigle ; avoine (souvent contaminée par d’autres céréales contenant du gluten).
Ces céréales sont présentes dans le pain, les pâtes, les pâtisseries, les biscuits et de nombreux produits transformés.
À l’inverse, certaines céréales et pseudo-céréales ne produisent pas de gluten lors de la panification, notamment : amarante, fonio, quinoa, maïs, manioc, millet, riz, sarrasin, sorgho, tapioca et teff.
Prise en charge
En cas de maladie cœliaque avérée, la prise en charge repose sur une éviction totale et définitive du gluten. C’est à cette condition que l’inflammation intestinale peut disparaître et que les villosités intestinales peuvent repousser progressivement, permettant une normalisation de l’absorption des nutriments.
Et chez les personnes non cœliaques ?
Chez les personnes ne souffrant pas de maladie cœliaque, le gluten peut néanmoins exercer un effet inflammatoire modéré, variable selon les individus. Dans ce cas, il peut être pertinent d’en réduire la consommation, sans nécessairement l’éliminer complètement. Il est important de préciser qu’une éviction prolongée du gluten sans indication médicale peut compliquer le diagnostic ultérieur d’une maladie cœliaque, et qu’une réintroduction brutale peut être mal tolérée. Toute démarche d’exclusion prolongée devrait donc être réfléchie et, idéalement, encadrée.
En résumé
La maladie cœliaque est une pathologie auto-immune sérieuse, nécessitant une prise en charge rigoureuse et durable. Chez les personnes non concernées, une réduction raisonnée du gluten peut parfois améliorer le confort digestif, mais l’éviction totale n’est ni anodine ni systématiquement bénéfique. Comme souvent en nutrition, la clé réside dans la personnalisation, la qualité des aliments et la cohérence globale de l’alimentation.
Photo panification d'Anton


Ensemble pour une meilleure santé !
Copyright © 2026 Isabelle Maës Nutrition | Nutrithérapeute certifiée CERDEN | Tous droits réservés
0473/673.470 - maes_i@yahoo.fr
