Allergies alimentaires : comment les gérer ?

cacahuètes
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Les allergies alimentaires apparaissent quand une protéine issue de l’alimentation passe dans le sang via la muqueuse intestinale

Le système immunitaire y réagit alors et la protéine devient indésirable non seulement dans le sang, mais aussi dans tout le tube digestif. Très souvent, on observe une évolution des allergies alimentaires chez l’enfant vers des allergies respiratoires à l’âge adulte. Il est donc d’autant plus important d’essayer de les éviter et de les soigner.

Une allergie alimentaire classique, impliquant des anticorps IgE, se met en place en deux phases. Dans la phase de sensibilisation, lors du premier contact avec la protéine, l’immunité acquise intervient et nos lymphocytes produisent des anticorps qui se fixent sur des cellules riches en histamine. Dans la phase de déclenchement, à partir du deuxième contact avec la même protéine, les cellules sur lesquelles sont fixés ces anticorps libèrent leur histamine, ce qui déclenche les symptômes d’allergie. Ceux-ci peuvent être cutanés (par exemple une dermatite), digestifs (par exemple des douleurs abdominales après le repas), respiratoires (par exemple une otite), ou une combinaison de ces catégories. Parmi les symptômes cutanés, l’œdème de Quincke peut être fatal s’il touche le larynx. Il peut également y avoir un choc anaphylactique, c’est-à-dire une vasodilatation généralisée des vaisseaux qui entraîne une insuffisance circulatoire, laquelle peut être fatale si on ne reçoit pas rapidement une injection d’adrénaline.

Concernant les allergies alimentaires retardées, impliquant des anticorps IgG, dont les symptômes ne sont pas immédiats et donc le diagnostic plus difficile, il faut être prudent avec les mesures sanguines des IgG car, si elles sont positives pour plusieurs aliments, cela peut plutôt être le signe d’une hyperperméabilité intestinale, qu’il faut alors vérifier et, le cas échéant, soigner. De plus, ce n’est pas une méthode infaillible : il s’agit de mesures in vitro, hors de l’organisme et il existe différentes classes d’IgG qui ne sont pas nécessairement toutes des marqueurs d’allergie. Enfin, les protéines alimentaires utilisées comme réactifs peuvent ne pas être les plus adéquates. Preuve en est : on peut obtenir des diagnostics différents selon le laboratoire qui effectue les analyses. Mieux vaut donc se fier au résultat de l’éviction temporaire, suivie de la réintroduction, un par un, des aliments auxquels on suspecte une allergie.

Pour essayer d’éviter les allergies alimentaires, il est tout d’abord utile de donner des probiotiques à la femme enceinte et allaitante et au nourrisson sevré. L’allaitement exclusif est recommandé jusqu’à quatre mois d’âge et il ne faut surtout pas donner aux nourrissons d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) contre les remontées acides.

Pour traiter les allergies alimentaires, il existe actuellement trois voies possibles, sachant que des alternatives sont en cours de développement, basées notamment sur le transfert de microbiote fécal :

  1. Essayer de contourner l’allergie en cassant la protéine en peptides, voire en acides aminés, et ce, en réduisant l’aliment en purée ou en liquide et/ou en le cuisant.

  2. Arrêter de consommer l’aliment, éviter également les acariens et le tabagisme (actif et passif) et soigner le microbiote avec des pré et probiotiques. Après trois ou quatre mois, essayer à nouveau l’aliment pour voir si l’allergie à disparu.

  3. Désensibiliser l’organisme en ingérant de toutes petites quantités de l’aliment et en augmentant très progressivement les doses. On parle d’ « immunothérapie orale ». Cette approche a plus de chance de fonctionner si elle est accompagnée de la prise de probiotiques.

Dans le cas de l’allergie au lait de vache, plusieurs protéines peuvent être en cause, mais il s’agit le plus fréquemment de la bêta-lactoglobuline. Il y a souvent un antécédent familial et elle disparaît souvent spontanément. Comme nous venons de le souligner, le diagnostic le plus fiable est d’arrêter totalement la consommation et d’observer l’arrêt des symptômes, ainsi que leur reprise à un test de provocation orale quelques mois plus tard.

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Photo cacahuètes de Tom Hermans