Acné : la piste alimentaire

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Pourquoi l'acné et que peut-on y faire ?

Entre autres rôles, la peau est un émonctoire, c’est-à-dire un organe d’élimination. Elle participe à l’évacuation de certains déchets et toxines, ce qui explique qu’elle puisse devenir un foyer d’inflammation. L’acné ne peut donc pas être réduite à un simple problème d’alimentation. En revanche, certaines personnes sont plus sensibles que d’autres aux mécanismes impliqués, et ces mécanismes peuvent être influencés, en bien ou en mal, par ce que nous mangeons, buvons et par notre hygiène de vie globale.

Agir sur l’alimentation, en combinaison avec l’hygiène de la peau, la gestion du stress, du sommeil et de l’activité physique, constitue une approche particulièrement pertinente.

Qu’est-ce que l’acné ?

L’acné résulte essentiellement de deux phénomènes : un excès de sébum et un état inflammatoire. L’excès de sébum est principalement lié aux hormones sexuelles. L’inflammation, quant à elle, est fortement influencée par l’hygiène de vie, dont l’alimentation.

Même si tout le monde ne réagit pas de la même façon – certaines personnes peuvent avoir une alimentation médiocre et une peau parfaite – il existe bel et bien un lien entre ce que nous apportons à notre organisme et la manière dont il produit ses hormones et gère l’inflammation. On y revient donc toujours, d’une façon ou d’une autre.

Alimentation et acné

Selon la sensibilité individuelle, certaines habitudes alimentaires favorisent l’acné.

Une alimentation inflammatoire joue un rôle majeur. Elle est caractérisée par une consommation élevée de viande rouge, de produits laitiers, de sucres rapides, de sel, de gluten, d’alcool, d’aliments frits ou fortement rôtis, de fructose et, plus largement, de produits industriels riches en acides gras saturés et trans, en additifs et en sucres rapides.

Une alimentation qui perturbe l’équilibre hormonal est également problématique. Les sucres rapides provoquent des pics d’insuline, lesquels stimulent la production d’androgènes, ce qui augmente la production de sébum. Les produits laitiers apportent, en plus, des hormones et des facteurs de croissance naturellement présents dans le lait, destinés au veau, ainsi que parfois des résidus d’antibiotiques et de pesticides lorsqu’ils ne sont pas bio.

Une alimentation qui surcharge l’organisme en toxiques (additifs, cuissons agressives, résidus chimiques) ou qui est pauvre en vitamines, minéraux et oméga-3 affaiblit les défenses de la peau et sa capacité à se réparer.

Concrètement, en cas d’acné, il est pertinent d’opter pour une alimentation aussi naturelle, variée et peu transformée que possible, avec une forte limitation des sucres rapides et des produits industriels. Cela peut sembler contraignant, notamment chez les adolescents, mais nous ne sommes tout simplement pas égaux face à ces mécanismes.

Micronutriments et intestin

Une alimentation diversifiée couvre généralement les besoins, mais il est important de veiller à un statut correct en vitamine D et à des apports suffisants en zinc. La vitamine D possède des propriétés anti-inflammatoires et le zinc soutient à la fois l’immunité cutanée et la cicatrisation.

La qualité du microbiote intestinal mérite également attention. En cas de troubles digestifs, d’antibiothérapie récente ou de signes de dysbiose, la prise de probiotiques peut être utile. Un microbiote équilibré influence positivement l’inflammation et même la gestion du stress, deux paramètres clés pour la peau.

Autres piliers indispensables

L’hygiène de la peau joue un rôle évident : éviter de se toucher le visage sans s’être lavé les mains, limiter les cosmétiques, choisir des produits non comédogènes et ne pas négliger l’hydratation, même lorsque la peau est grasse. Une peau bien hydratée est plus résistante à l’inflammation. L’utilisation d’un savon doux au curcuma peut être intéressante, le curcuma ayant des propriétés antiseptiques naturelles.

Le stress est un facteur majeur. Il augmente la production d’androgènes, ce qui explique pourquoi l’acné s’améliore souvent en vacances et réapparaît lors du retour au quotidien. Méditation, cohérence cardiaque, yoga, marche quotidienne, sport et apports suffisants en magnésium sont autant de pistes utiles.

Le sommeil et l’activité physique régulière sont également essentiels. Le manque de sommeil perturbe l’équilibre hormonal et favorise l’inflammation, tandis que la sédentarité est défavorable à la santé de la peau.

Acné et cycle menstruel

L’acné prémenstruelle est typiquement hormonale. Elle est liée à une modification des équilibres entre androgènes, œstrogènes et progestérone dans la phase précédant les règles. Toutes les femmes ne présentent pas la même amplitude de variations hormonales ni la même sensibilité de leurs glandes sébacées.

À propos des traitements médicamenteux

Les traitements oraux contre l’acné devraient, selon moi, rester un dernier recours. Ils sollicitent fortement le foie, qui joue déjà un rôle central dans la détoxification et l’équilibre hormonal. Les rétinoïdes peuvent provoquer sécheresse cutanée et muqueuse, photosensibilité, troubles du métabolisme des lipides, risques psychiatriques et sont formellement contre-indiqués en cas de grossesse. Les antibiotiques altèrent le microbiote intestinal et participent au phénomène de résistance aux antibiotiques.

En alternative ou en soutien, certains compléments peuvent être envisagés (vitamine D, zinc, oméga-3 EPA/DHA, parfois GLA issu de l’onagre ou de la bourrache), mais ils ne remplacent pas une alimentation de qualité.cement d’une bonne alimentation, plutôt en soutien, car ils ne remplaceront pas, loin de là, tous les bénéfices d’une bonne alimentation.

Photo jeune homme de Nikolay Vybornov