Acné : la piste alimentaire

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Pourquoi l'acné et que peut-on y faire ?

Entre autres rôles, notre peau est un émonctoire, c’est-à-dire un organe qui permet d’éliminer les déchets. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’elle soit impactée par les toxines et puisse être un foyer d’inflammation. On ne peut pas réduire l’acné à un problème d’alimentation. Mais certaines personnes sont plus sensibles que d’autres aux mécanismes impliqués, qui peuvent être influencés, en positif ou en négatif, par ce que nous mangeons et buvons. Pour combattre l’acné, la gestion de l’alimentation, combinée avec d’autres aspects (hygiène, gestion du stress, gestion du sommeil, hydratation de la peau, etc.), est une solution tout à fait probante et prouvée.

Voyons cela de plus près :

Qu’est ce que l’acné ? L’acné est le résultat d’un surplus de sébum et d’un état inflammatoire. Le surplus de sébum est surtout lié aux hormones sexuelles. L’état inflammatoire, lui, est surtout lié à l’hygiène de vie : alimentation, degré de sédentarité, etc. Ceci étant, la production des hormones sexuelles est elle-même le résultat de différents processus au sein de notre organisme, menés au départ de ce que nous lui fournissons, à savoir notre nourriture. On y revient donc, même si tout le monde n’a pas la même sensibilité aux hormones. Il existe des adolescent(e)s qui ont une très mauvaise alimentation et une peau parfaite...

Quels sont les facteurs alimentaires qui peuvent, selon la sensibilité individuelle, favoriser l’acné ?

  1. Une alimentation inflammatoire : les aliments les plus inflammatoires sont la viande rouge, les produits laitiers, les sucres rapides, le sel, le gluten, ceux contenant des toxiques (comme certains additifs) ou préparés de manière toxique (frits, par exemple), l’alcool et le fructose et, de manière générale, les denrées industrielles – étant donné leur contenu en acides gras saturés et trans, en sucres rapides, en sel, en additifs, etc.

  2. Une alimentation qui perturbe l’équilibre hormonal : une alimentation riche en sucres rapides entraîne une production fréquente et importante d’insuline, hormone qui agit elle-même sur la production des hormones sexuelles, en particulier les androgènes*, ce qui augmente la production de sébum. La consommation de produits laitiers est également en cause, car le lait contient des hormones destinées à faire grandir les veaux, hormones qui sont entre autres des précurseurs de testostérone. Le lait non-bio contient aussi des antibiotiques, qui peuvent perturber le microbiote intestinal et des pesticides, qui sont inflammatoires.

  3. Une alimentation qui surcharge l’organisme en déchets et toxiques : alimentation industrielle (additifs, traitements thermiques nocifs, etc.) et aliments riches en hormones, tels que la viande rouge et les produits laitiers, hormones que l’organisme doit éliminer.

  4. Une alimentation qui affaiblit les défenses de la peau : alimentation carencée en vitamines et minéraux, qui sont antioxydants et/ou en acides gras oméga-3, qui sont anti-inflammatoires.

En résumé, sont défavorables :

  • ­La viande rouge, les produits laitiers, le sel, le gluten, les denrées industrielles, les aliments frits et rôtis, l’alcool, le fructose, les sucres rapides (biscuits, gâteaux, viennoiseries, jus de fruits, aliments à base de céréales raffinées comme le pain blanc et les pates, etc.) ;

  • ­Le manque d’acide gras oméga-3 (que l’on trouve dans les poissons gras, les huiles végétales, les oléagineux), en absolu et par rapport aux acides gras oméga-6 ;

  • ­Le manque de vitamines et de minéraux (dont la source principale sont les fruits, les légumes, les oléagineux et les graines, pour simplifier).

Si acné il y a, il faudrait donc opter pour une alimentation aussi naturelle et diversifiée que possible et suivre les prescriptions pour une « bonne » alimentation, qui inclut entre autres une limitation très forte des sucres rapides. Bien sûr, cela peut sembler rébarbatif et injuste aux adolescent(e)s concerné(e)s, d’autant que certains de leur copaines et copines n’ont aucun problème d’acné même avec une très mauvaise alimentation. Il faut savoir et accepter que nous ne sommes pas tous égaux en la matière.

En termes de micronutriments, une alimentation naturelle et diversifiée apporte en principe tout ce qui est nécessaire, mais il faut quand même veiller à se supplémenter en vitamine D et à ce que l’alimentation soit suffisamment riche en zinc. La vitamine D est anti-inflammatoire. Le zinc est aussi anti-inflammatoire et améliore la cicatrisation.

Il faut également être attentif à la qualité du microbiote intestinal et, dans le doute ou en cas de signes de dysbiose, envisager la prise de probiotiques. Ce sont des compléments alimentaires consistant en des bactéries favorables à notre bonne santé intestinale. Un bon microbiote a par ailleurs un impact positif sur le stress, ce qui est également favorable.

L’alimentation a un rôle fondamental à jouer dans la lutte contre l’acné, pour celles et ceux qui en souffrent, mais il sera souvent nécessaire d’agir aussi sur les autres aspects de l’hygiène de vie :

  1. L’hygiène de la peau elle-même : Il faut éviter de se toucher le visage sans s’être d’abord lavé les mains. Je conseille d’utiliser un savon au curcuma matin et soir. Le curcuma est un antiseptique naturel, utilisé avec succès comme traitement anti-acné parmi certaines populations. Le tabac agresse malheureusement la peau et diminue sa résistance à l’inflammation. Il faut limiter l’utilisation de produits cosmétiques et les choisir non-comédogènes. Il ne faut cependant pas faire l’impasse sur l’hydratation de la peau. Même si une peau acnéique est plutôt grasse, elle a besoin d’hydratation pour résister aux agressions.

  2. La gestion du stress : En réponse au stress, notre organisme produit davantage d’androgènes. Cela explique que l’acné peut être un problème permanent quand on est soumis à un stress chronique. Les personnes concernées observent généralement une disparition de leur acné quand elles sont en vacances, pour le voir repartir de plus belle quand elles réintègrent leur quotidien. Des pistes intéressantes pour diminuer et mieux gérer son stress sont la méditation, la cohérence cardiaque (trois fois cinq minutes par jour peut déjà faire une belle différence), le yoga, le sport, etc. Si vous pouvez par exemple marcher au moins 30 minutes deux fois par jour, cela aura également un effet bénéfique. Des apports alimentaires suffisants en magnésium (ou une supplémentation, si nécessaire), aident également à moduler le stress.

  3. La gestion du sommeil : le manque de sommeil et la perturbation des rythmes veille/sommeil est dommageable pour la peau.

  4. L’exercice physique régulier : la sédentarité est également défavorable pour la peau.

L’acné liée aux règles est clairement une acné d’origine hormonale, dont le principe est qu’il y a une mauvaise balance entre les androgènes et les œstrogènes et/ou une mauvaise balance entre les œstrogènes et la progestérone, durant la semaine qui précède les règles, avec la chute des taux d’œstrogènes. Cette mauvaise balance implique une stimulation plus importante des glandes sébacées et donc une production plus importante de sébum. Toutes les femmes n’ont cependant pas la même amplitude de variations hormonales, ni la même sensibilité de leurs glandes sébacées à ces variations.

Concernant les médicaments oraux contre l’acné, je vous encourage à les éviter et à ne les utiliser qu’en tout dernier recours, après avoir d’abord pris en compte ce qui précède. Il peut être tenant d’y recourir, mais ces médicaments ne sont pas anodins. Tout d’abord, ils doivent comme tout médicament être métabolisés par le foie, notre organe de désintoxication par excellence, qui est déjà très sollicité avec notre alimentation occidentale. C’est aussi le foie qui aide à maintenir notre équilibre hormonal en éliminant les hormones excédentaires. Ensuite, les rétinoïdes ont des effets indésirables (sécheresse des muqueuses, dont les yeux et les lèvres et de la peau, réactions de photosensibilité, etc.). Ils peuvent aussi entrainer des malformations du fœtus en cas de grossesse. Enfin, ils peuvent mener à des troubles du métabolisme des lipides avec risques de santé et à des problèmes psychiatriques graves. Les antibiotiques, quant à eux, contribuent à la résistance aux antibiotiques et altèrent le microbiote intestinal et les tétracyclines inhibent l’absorption intestinale du calcium et du magnésium et augmentent l’excrétion urinaire de vitamine C.

En alternative, certains vont vers des compléments alimentaires avec, outre la vitamine D, également du zinc et des oméga-3 EPA et DHA et parfois aussi de l’oméga-6 gamma-linolénique (GLA) sous forme d’huile de bourrache ou d’onagre, qui est également anti-inflammatoire. Pourquoi pas, mais selon moi pas en remplacement d’une bonne alimentation, plutôt en soutien, car ils ne remplaceront pas, loin de là, tous les bénéfices d’une bonne alimentation.

Il y a encore à l’heure actuelle des dermatologues qui affirment que l’alimentation n’a aucun lien avec l’acné. En toile de fond : la difficulté de mener des études robustes et la divergence de certaines données, d’une part, et le lobby de l’industrie pharmaceutique, d’autre part. Le fait que certaines personnes n’ont pas d’acné, même avec une très mauvaise alimentation, contribue peut-être aussi à entretenir cette idée. Pourtant, les preuves sont là. Et ont peut en citer d’autres : des personnes qui font un jeûne d’une semaine voient une belle amélioration de l’aspect de leur peau et une nette diminution de leur acné si elles en ont. Idem pour celles qui passent à une alimentation sans viande ni produits laitiers, à base de légumes, graines, légumineuses et oléagineux.

*Les androgènes sont les hormones sexuelles mâles (qui sont aussi présentes chez les femmes, en moins grandes quantités), à savoir la testostérone, le DHEAS (sulfate de déhydroépiandrostérone) et la DHT (dihydrotestostérone). Elles stimulent la croissance des glandes sébacées et donc la production de sébum

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Photo jeune homme de Nikolay Vybornov