Comment gérer l'obésité ?

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L’obésité : une pathologie multifactorielle

L’obésité n’est pas toujours, et pas uniquement, la conséquence d’une alimentation excessive. Il s’agit d’une pathologie complexe, impliquant des dimensions métaboliques, hormonales, inflammatoires, génétiques et psychologiques. Elle mérite une prise en charge individualisée, idéalement accompagnée par un(e) nutrithérapeute.

Par ailleurs, le poids seul ne suffit pas à poser un diagnostic. Il est important d’examiner également l’indice de masse corporelle, le tour de taille, la composition corporelle (graisse, muscle, eau), la localisation des graisses — la graisse abdominale, épicardique et périvasculaire étant la plus problématique — ainsi que la nature du tissu adipeux. La graisse brune, riche en mitochondries et impliquée dans la production de chaleur, est métaboliquement plus favorable que la graisse blanche.

Quelles peuvent être les causes ?

La mauvaise alimentation est un facteur majeur, mais elle n’est pas la seule cause.

Certaines pathologies peuvent favoriser la prise de poids : hypothyroïdie, hyperinsulinisme, hypercorticisme, déficit en hormone de croissance.

Des facteurs génétiques et épigénétiques entrent également en jeu. Une mauvaise alimentation maternelle, une obésité chez la mère ou une malnutrition fœtale peuvent programmer un métabolisme économe, brûlant moins facilement les graisses.

Les perturbateurs endocriniens, omniprésents dans l’environnement moderne, peuvent aussi modifier le métabolisme et favoriser le stockage.

Il existe également des facteurs de blocage métabolique (résistance à l'insuline, hypothyroïdie, etc.), psychologique et parfois énergétique.

Les risques associés

L’obésité augmente le risque de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, de diabète, de troubles hormonaux tels que le syndrome des ovaires polykystiques, d’infertilité, d’atteintes neurodégénératives, d’affaiblissement de l’immunité et d’inflammation chronique.

Il est donc important de chercher à la prendre en charge, avec bienveillance.

Pourquoi les régimes hypocaloriques ne sont pas la solution

Sauf en cas de prise alimentaire manifestement excessive, les régimes restrictifs sont rarement efficaces à long terme et peuvent aggraver les déséquilibres métaboliques. L’objectif n’est pas de manger moins, mais de manger mieux.

Les piliers alimentaires

  • La base repose sur une alimentation naturelle, variée et peu transformée.

  • Il est particulièrement important de consommer suffisamment de fibres, issues des légumes, fruits, légumineuses et céréales complètes. Elles favorisent la satiété, nourrissent le microbiote, améliorent la sensibilité à l’insuline et soutiennent la production d’acides gras à chaîne courte. Chez les personnes peu habituées, leur augmentation doit être progressive.

  • Le microbiote intestinal mérite une attention particulière. Une dysbiose favorise la prise de poids et rend l’amaigrissement plus difficile. Les prébiotiques, probiotiques et, si nécessaire, des protocoles de restauration intestinale sont essentiels.

  • Il est préférable d’éviter le fructose ajouté (sirops, sodas, produits industriels), tout en conservant les fruits entiers. Le fructose surcharge le foie et renforce la résistance à l’insuline.

  • Il n’est pas nécessaire de traquer le cholestérol alimentaire, qui influence peu le cholestérol sanguin.

  • Réduire l’inflammation est fondamental : oméga-3, vitamine D, légumes, épices, limitation des toxiques, cuissons douces.

  • Prévenir les carences en vitamines B, vitamine D, fer, iode, magnésium et zinc est également crucial pour un métabolisme efficace.

  • Modérer les index glycémiques des repas aide à limiter les pics d’insuline.

  • Optimiser la production de sérotonine peut réduire les compulsions alimentaires. Des apports suffisants en vitamine B3, un goûter glucidique l’après-midi et la réduction de l’inflammation y contribuent.

  • La réduction du sel est utile, car il favorise l’inflammation et augmente l’absorption intestinale du glucose.

Les piliers non alimentaires

  • L’exercice physique régulier augmente la sensibilité à l’insuline, favorise la transformation des adipocytes blancs en adipocytes bruns et diminue le cortisol.

  • La gestion du stress est indispensable, car le cortisol stimule l’appétit et le stockage.

  • Un sommeil suffisant est essentiel : la privation de sommeil augmente la résistance à l’insuline et la production de ghréline, l’hormone de la faim.

Quand l’alimentation ne suffit pas

Si l’alimentation est déjà cohérente, un travail plus approfondi sur les facteurs métaboliques, hormonaux, psychologiques et énergétiques s’impose.

En résumé

L’obésité n’est pas un manque de volonté. C’est un déséquilibre global qui se corrige par une approche globale, progressive et individualisée.

Pour aller plus loin, voici le lien vers le reportage-enquête de La Une "Le sucre, une drogue au quotidien" : https://auvio.rtbf.be/emission/investigation-16281 - vous devrez créer un compte auvio (gratuit) pour la visionner.

Photo surpoids d'AllGo